Gendarme tué : une collision accidentelle ?
Selon le procureur de la République de Guéret, l'adjudant Joachim, tué vendredi, aurait percuté accidentellement ses collègues gendarmes. Le chauffard qu'il poursuivait ne lui aurait donc pas foncé dessus comme les premiers éléments semblaient l'indiquer.
Le chauffard à l’origine de la mort d’un gendarme vendredi dans la Creuse n’aurait peut-être pas volontairement renversé l’adjudant Michel Joachim. Le procureur de la République de Guéret, Hervé Poinot, est revenu sur cette hypothèse samedi. «On ne peut pas dire qu'il y a eu choc mais on ne peut pas dire non plus qu'il n'y a pas eu choc».
Le scénario donné par le procureur pour expliquer l’accident met donc en doute les premières conclusions. Vendredi, Alain Antczack, 42 ans, circule à bord d'une voiture de location volée. Il quitte sans payer une station service, poursuivi par le propriétaire. Il est alors pris en chasse, à Bourganeuf (Creuse) par l'adjudant chef Joachim, qui le laisse se diriger vers un barrage établi à Pontaneuf. Là, le fuyard a fait demi-tour, poursuivi par deux motards qui parviennent à se porter à sa hauteur.A ce moment, il «se retrouvent face à leur collègue Joachim», qui arrive en sens inverse. Ce dernier,«gêné dans sa vision par un léger virage à droite, les aurait percutés», précise le procureur. La collision ne serait donc pas le fait d’Antczack, comme on le pensait encore samedi matin.
"Comportement irresponsable "
L’issue n’en reste pas moins tragique. L'adjudant-chef de gendarmerie Michel Joachim, 42 ans, père de deux enfants, est décédé dans l'heure qui a suivi son transfert au CHU de Limoges. Un de ses collègues «est polytraumatisé», un autre encore est blessé. Ce dernier a expliqué samedi matin sur France Inter qu'il avait réussi à sauter de sa moto, ce qui lui avait permis de sauver sa vie. Antczack, lui, a été hospitalisé, son état étant jugé «non compatible avec une garde à vue».
Le président Nicolas Sarkozy a demandé que la justice sanctionne «avec sévérité et fermeté» l'automobiliste. «Il s'agit encore du comportement irresponsable d'un conducteur refusant d'obtempérer aux injonctions des forces de l'ordre», estime le chef de l'Etat .
Source : lefigaro.fr (avec AFP)