Des manifestants anti-Poutine matraqués

Publié le par FrAnKk

La police russe a durement réprimé à Saint-Pétersbourg une manifestation d'opposants. Les forces de l'ordre ont arrêté quelque 150 manifestants, dont le dirigeant d'extrême gauche Edouard Limonov

Dimanche, comme à Moscou la veille, les policiers anti-émeutes ont plaqué au sol des dizaines de manifestants hostiles au Kremlin et les ont frappés à coups de matraques à l'issue d'un rassemblement dans le centre de l'ancienne capitale impériale. Un demi-millier de protestataires réclamant la démission du président Vladimir Poutine se dirigeaient vers une gare au terme de la manifestation, qui avait attiré environ 3000 personnes. "Liberté !", scandait la foule. "Poutine est l'ennemi du peuple !".

Matraquage

"Arrêtez le matraquage", criaient d'autres manifestants en direction des policiers. "Fascistes. Combien est-ce que Poutine vous a payés ?" Les forces de l'ordre ont entassé quelque 150 personnes dans des fourgons pour les emmener. Certains manifestants ont encore reçu d'autres coups à l'intérieur des véhicules. Les autorités municipales de Saint-Pétersbourg, ville natale et fief politique de Vladimir Poutine, avaient autorisé le rassemblement, mais interdit tout défilé.

Auparavant, la police avait arrêté des dizaines de manifestants qui se rendaient à ce rassemblement à l'appel de l'Autre Russie, coalition hétéroclite d'opposants à Poutine. Lors du rassemblement, le chef de file du Parti national bolchevique, Edouard Limonov, a déclaré: "Nous exigeons la démission du gouvernement et du président, ainsi que la tenue d'élections libres et équitables cette année et en 2008". La police a, par la suite, appréhendé l'orateur dans un appartement de Saint-Pétersbourg, avant le relâcher quelques heures plus tard.

"Force brutale"

Samedi à Moscou, au moins 170 opposants avaient été arrêtés alors qu'ils tentaient de participer à une manifestation interdite dans le centre-ville contre le recul des libertés sous la présidence de Poutine. Le champion d'échecs Garry Kasparov, au nombre des personnes interpellées dans la capitale, a été remis en liberté après dix heures de garde à vue. Il a écopé d'une amende de 1000 roubles (39 dollars) pour troubles à l'ordre public.

"Les événements de ces dernières 48 heures montrent que le régime de Poutine ne respecte pas la légalité et ne compte que sur la force brutale", a déclaré dimanche sur CNN l'ancien champion du monde d'échecs reconverti à la politique. Des élections législatives sont prévues cette année en Russie, avant la présidentielle de 2008 visant à désigner le successeur de Vladimir Poutine qui, constitutionnellement, ne peut pas briguer un troisième mandat en l'état actuel de la législation.

Source : LEXPRESS.fr avec Reuters
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