Les Don Quichotte partent...

Publié le par FrAnKk

SDF . L’association lève le camp. D’autres tentes réinstallées.

Les Enfants de Don Quichotte, emmenés par la figure charismatique d’Augustin Legrand, ont levé leur campement parisien, vendredi 6 avril, après trois mois d’occupation sauvage des quais du canal Saint-Martin. « Avant les élections », car la présence du camp ne permet « plus aucune avancée importante », précise à l’Humanité Jean-Baptiste Legrand. Installé début décembre, le campement avait compté jusqu’à plusieurs centaines de tentes et abrité jusqu’à 300 sans-abri. Il avait surtout contribué à reposer publiquement le problème de l’accueil et de la réinsertion des sans-abri en concentrant l’attention des médias pendant la période des fêtes de Noël et en relançant l’idée d’un droit au logement opposable, concrétisée par une loi quelques semaines plus tard.

« Certes, tout n’a pas été réglé, le mal-logement continue à sévir et des milliers de sans-abri continuent à dormir dans nos rues, sur nos trottoirs, dans des conditions indignes », reconnaît l’association qui estime que « comme celle de tous les gouvernements précédents, la politique de nos ministres actuels a été très largement insuffisante ». Toutefois, poursuit le communiqué, « le pas qui a été franchi cet hiver est cependant, au dire des associations spécialisées, un pas majeur dans l’accueil des SDF, et la loi sur le droit au logement opposable permet d’espérer un avenir meilleur ».

Ce n’est pas l’avis de Pascal Goussard, militant associatif, qui avait répondu, dès janvier, à l’appel des Enfants de Don Quichotte à venir partager le quotidien des sans-abri en campant sur le canal. Selon lui, « les résultats obtenus sont dérisoires », raison pour laquelle il a organisé l’installation de nouvelles tentes et appelé les campements de province à venir à Paris et à « continuer la lutte ». Et de citer le bilan des relogements des SDF du camp : « sur les 280 sans-abri recensés, on n’a finalement eu que 15 relogements définitifs, 48 hébergements dans des structures d’accueil, sans compter les 94 qui ont accepté d’aller au fort de Nogent, où ils ne pourront pas rester ».

Des chiffres que ne conteste pas Jean-Baptiste Legrand, qui précise néanmoins que « toutes les personnes arrivées sur le canal ont été prises en charge, y compris celles actuellement hébergées par l’Armée du Salut jusqu’à fin mai au fort de Nogent ». Le frère cadet d’Augustin se dit « désolé de la tournure que prennent les choses » et « ne cautionne pas l’installation de ces nouvelles tentes ». Il affirme aussitôt que l’association continuera « à veiller à ce que les promesses faites soient tenues et à ce que les décisions prises soient appliquées ». Une conférence de consensus regroupant associations et gouvernement devrait être organisée sous l’égide de la FNARS fin octobre. « Il y a eu un pas de franchi, mais c’est un petit pas, reconnaît-il, avant de se dire déçu que le gouvernement n’ait pas profité de cette crise pour refondre l’ensemble du système d’accueil des sans-abri. »

source : Cyrille Poy  , sur  www.humanite.presse.fr

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