Les écologistes demandent l'annulation du décret sur l'EPR
PARIS (Reuters) - Le décret autorisant EDF à construire la première centrale nucléaire de type EPR en France sonne comme une provocation pour les écologistes qui demandent son annulation et l'enterrement définitif du projet. A onze jours du premier tour de l'élection présidentielle, la publication mercredi au Journal officiel du décret de construction du réacteur EPR (eau pressurisée) à Flamanville (Manche) est perçue comme "un déni de démocratie". La mise en service de ce réacteur de troisième génération, conçu et développé par Areva et Siemens, est prévue pour 2012. Dans un communiqué, Greenpeace promet d'attaquer le décret en justice et de déposer, dans la journée, un recours en annulation devant le Conseil d'Etat. Il dénonce "une décision anti-démocratique" et "irresponsable" prise dans "la précipitation pré-électorale" et appelle les candidats à l'Elysée à s'engager" à l'annuler, en cas de victoire . Le 17 mars dernier, 60.000 Français ont manifesté pour demander l'abandon du projet EPR, fait valoir Greenpeace. Il s'appuie aussi sur un sondage de février de Louis Harris pour 20 Minutes/RMC, qui montre que 78% des Français sont favorables au développement des énergies renouvelables contre 19% qui défendent le maintien du nucléaire. Le mouvement Sortir du nucléaire, qui rassemble 765 associations, interpelle la candidate socialiste Ségolène Royal et le centriste François Bayrou pour qu'ils s'engagent avant le 1er tour, le 22 avril, à annuler le texte en cas de victoire. Le porte-parole des Verts, Yann Wehrling dénonce "une véritable provocation" et demande "impérativement" à la gauche, en cas de victoire, d'annuler le décret et "d'enterrer définitivement" le projet de réacteur EPR. Il s'indigne du coût "faramineux" du projet, évalué à 3,4 milliards d'euros. De son côté, Cap 21 dénonce une "technologie obsolète", son coût "élevé" et critique la gestion du dossier par le gouvernement : "une conception autoritaire (...) à la solde des clans et des lobbies". Dans un communiqué, le Parti socialiste s'étonne de cette publication révélatrice d'"une conception de la politique qui fait fi du débat transparent et ouvert". Il s'engage à l'ouvrir au lendemain de l'élection présidentielle. "Ce débat devra éclairer, notamment, l'intérêt de la construction dès 2007 de ce nouveau réacteur", précise le PS. Le candidat altermondialiste José Bové demande pour sa part dans un communiqué un moratoire sur l'EPR et sur la construction de nouvelles centrales. Il dénonce le "diktat des nucléocrates" et appelle la gauche et les écologistes à s'opposer à cette construction "inutile et dangereuse". sur : Boursier.com