Romancier, peintre, dramaturge, cinéaste, nouvelliste, scénariste, et même acteur, Clive Barker est un artiste dont la créativité demande à s'exprimer sur une grande
variété de terrains de jeu. Dernièrement, ce touche-à-tout s'est lancé dans la création ludo-numérique avec Undying, paru en 2001 sur PC. Un FPS atypique, porté par une ambiance oppressante et
diablement prenante. Fervent défenseur du jeu vidéo, Clive Barker pourrait en devenir une des nouvelles figures de proue puisque l'écrivain s'est dernièrement investit dans une production
beaucoup plus gourmande en termes de moyens : Jericho. Un titre horrifique, qui nous révèle, si besoin était, l'une des facettes les plus torturées de l'imaginaire de
Barker.
La ville d'Al Khali, une cité dont l'origine demeure inconnue et qui abrite ce Mal Elémentaire, sera le théâtre d'un nouvel affrontement opposant ce dernier aux
représentants de l'Humanité, la section Jericho, un groupe de combattants dotés de pouvoirs occultes et désigné pour voyager à travers les strates temporelles tombée sous le joug du Premier Né.
Mêlant habilement références religieuses et païennes, le scénario de Jericho constitue l'une de ses forces majeures. Etonnant dans le cas d'un FPS, mais pas tant que ça si l'on se souvient que,
derrière ce titre d'action sanglant, se cache un auteur désireux d'installer le joueur dans une ambiance plutôt que de ne jouer que sur la fibre ludique. Puisant les thèmes de son histoire dans
la mythologie infernale, Clive Barker parvient à donner vie et cohérence à ce patchwork d'époques et d'imaginaires si divers. Une indéniable réussite qui n'aurait pourtant pu se passer d'une
illustration visuelle à sa mesure.
Ainsi, l'auteur met au service de son histoire sa propre vision de l'horreur : des corps tordus, une chair suintante et
putréfiée, souvent mutilée par toutes sortes d'éléments ferrailleux. Chacune des créatures imaginées par Barker n'est que souffrance et haine. Jericho est ainsi baigné d'une ambiance malsaine et
gore et c'est d'ailleurs là que se situe la ligne de partage entre la grande majorité des joueurs, qui lui reprocheront, à juste titre, sa linéarité et son gameplay relativement
primaire, et les férus d'horreur, d'imaginaire infernal et d'action sauvage qui l'excuseront plus facilement de ses carences ludiques. Un titre très ciblé, comme nous vous l'expliquons dans notre
VidéoTest. Sur PC se pose évidemment la question de la configuration. Graphiquement assez juste, Jericho se révèle pourtant particulièrement gourmand en termes de ressources. Ainsi, il est
préférable de viser une 8800GTS ou une X1950XTX pour profiter du maximum de détails affichables. Cette condition remplie, voici un petit aperçu de ce que la version PC nous propose.
Conclusion
Extrêmement linéaire et dirigiste, assez primaire dans ses mécaniques de jeu, Jericho est typiquement le genre de jeu dont la valeur repose sur l'adhésion inconditionnelle à son univers et son
ambiance. Les amateurs d'imaginaires torturés, de scénarios apocalyptiques et de mythologie infernale apprécieront. Appétit pour le carnage sauvage vivement recommandé !Source : www.clubic.com , Auteur : Virgile
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